RENCONTRE AUTOUR DU MÉTIER DE D.I.T.

Rencontre autour de l’actualité du métier de DIT (Digital Imaging Technician) avec Alexandre Sinn, président actuel de l’ADIT (association française des DIT), Matthieu Straub, son co-fondateur et Nejib Boubaker, DIT/Data Manager, membre actif de l’ADIT et intervenant sur la formation au métier de DIT que nous proposons.

  • Est-ce qu’on peut rappeler ce qu’est l’ADIT, et quelle est sa vocation au départ ?

    Matthieu Straub : Lorsque l’on a créé l’association française des DIT en 2012, notre démarche était déjà de former de nouvelles personnes au métier de DIT. C’est lapins bleus formation qui a mis en place cette première formation d’un point de vue pédagogique et logistique, nous sommes restés une association de professionnels indépendante. Nous n’étions alors que 6 adhérents. Aujourd’hui nous sommes 28, certains membres sont DIT, d’autres data managers ou opérateurs Qtake.

  • L’ADIT semble aujourd’hui très active, avec plusieurs workshops organisés cette année…

    Alexandre Sinn : Nous avons organisé le premier workshop avec Be4post, pour présenter la suite FilmLight. Le deuxième aura lieu en septembre avec Panavision et Firefly, le troisième avec Qtake chez TSF en octobre. Ces workshops sont ouverts aux membres et aux proches de l’ADIT, nous souhaitons également les ouvrir aux personnes ayant suivi la formation.

  • L’ADIT développe son implication dans la formation au métier de DIT. De quelle manière interviendra-t-elle lors des prochaines sessions de la formation ?

    Alexandre : Aujourd’hui nous souhaitons profiter de l’expérience des membres du conseil d’administration pour partager notre savoir dans le cadre de la formation, et lui apporter notre crédibilité. Certains membres étant d’anciens stagiaires lapins bleus devenus DIT entre temps, à leur tour ils pourront transmettre leur expérience. Ainsi la dernière journée de la formation sera assurée par le conseil d’administration de l’ADIT : un des « 5 sages », comme on les appelle entre nous, viendra parler du métier de DIT et de son avenir. Il reviendra sur les éléments essentiels abordés lors du stage et il partagera son expérience de terrain, en la mettant en perspective de façon pertinente pour les stagiaires.

  • Du point de vue du DIT/Data Manager, quels sont les points forts à faire partie de l’ADIT ?

    Alexandre : Il y en a de nombreux. On peut citer en premier lieu et à court terme le groupe Urgence : un groupe de discussion sur What’s App, où chaque membre est actif et disposé à venir en aide à un collègue qui rencontrerait un problème ou une question technique sur un tournage, à laquelle il n’aurait pas la réponse. L’AOA (assistants opérateurs associés) est aussi dans la boucle et peut répondre en cas de besoin. Ce groupe est un vrai support pour les membres de l’association.

  • Quelles sont les conditions pour devenir membre ?

    Matthieu : Il y a quatre statuts possibles pour les membres : data manager, DIT on set, DIT data, opérateur Qtake. Pour devenir membre, il faut avoir fait 2 longs métrages au minimum sur le poste que l’on demande, et être parrainé par deux membres.

  • Qu’en est-il de l’évolution du métier en lui-même, les compétences auxquelles on fait le plus souvent appel aujourd’hui ?

    Matthieu : Ce sont les compétences du data manager qui sont le plus souvent sollicitées. En pratique, de plus en plus de seconds assistants caméras ont accès au data management sur le plateau. On peut leur demander également de mettre une LUT dans une caméra. Donc certains seconds peuvent évoluer assez naturellement à un moment de leur carrière vers le poste de data manager / DIT. C’est précisément là que la formation devient intéressante.

    Alexandre : Pour le second assistant caméra qui évolue vers le métier de DIT, un des aspects intéressants est de pouvoir rester dans la même équipe, quitte à ce qu’une nouvelle personne soit embauchée à sa place en tant que second assistant caméra. Moi-même il m’est arrivé de travailler avec un chef opérateur où je remplaçais le second assistant caméra, car la configuration studio le permettait.

  • Quels sont les interlocuteurs privilégiés du DIT ?

    Matthieu : Le chef opérateur est la première personne en lien avec le DIT. Ensuite, tous les membres peuvent collaborer avec lui.

    Alexandre : Le DIT vient sécuriser l’image du chef opérateur, sécuriser dans tous les sens du terme. Il fait à la fois le back up des données, et la colorimétrie, pour sortir du tournage avec une image qui ressemble à ce que le réalisateur a envie d’avoir. Selon la configuration de l’équipe, il peut arriver d’être davantage en lien avec le réalisateur qu’avec le chef opérateur. Il m’est arrivé de travailler avec un réalisateur assez technique, qui allait assurer lui-même le montage du film sur DaVinci Resolve. Je lui préparais toute la colorimétrie pour qu’il puisse faire son montage.

    Matthieu : Oui, cela arrive dans le cas des réalisateurs photographes, qui ont l’habitude de parler avec des assistants photos, des assistants numériques, de faire des retouches d’images en direct sur Photoshop. L’interlocuteur peut aussi être la production, qui elle sera rassurée de voir des images. Ainsi que les directeurs de post-production, les monteurs, les assistants monteurs, et bien sûr les étalonneurs. Notamment parce qu’aujourd’hui on a des outils à disposition qui nous permettent un dialogue beaucoup plus simple entre le plateau et la post-production, tels que les BLG de FilmLight : des fichiers d’échanges qui permettent de transmettre les métadonnées, les layers d’étalonnage, clip par clip.

  • Nejib, tu dispenses la partie du stage consacrée au data manager / DIT, où tu fais le lien avec tes retours d’expériences sur le terrain. Quelle est la part évolutive dans le programme du stage ?

    Nejib : Quand je dispense une formation, je fais en sorte d’adapter ce que je dis au groupe de stagiaires, selon les sujets précis qui les intéressent. Bien sûr, il y a une base, mais aussi une partie variable. Souvent, quand je leur fait part d’une expérience, c’est que je réagis à une question qu’ils me posent. Et j’essais toujours de lier ce que je dis à des expériences que j’ai eu sur les tournages.

    Récemment, je leur ai fait part d’un tournage que j’ai eu à l’étranger, avec une équipe de production étrangère. Il fallait comprendre et anticiper des données parfois inconnues. Dans ce cas, il fallait être en mesure de d’adapter sur place, sans avoir de matériel superflu.

    Ainsi, pendant les stages, nous faisons toujours le tour du matériel pour appréhender ces notions-là et être à même de savoir quel équipement choisir, comment optimiser la configuration.

  • Dans le cas précis de cette expérience, quelle solution as-tu partagée avec les stagiaires ?

    En l’occurence, dans le cadre de cette expérience à l’étranger, il s’agissait non seulement d’optimiser la configuration avant mon départ mais aussi d’optimiser mon temps une fois sur le plateau. J’avais des caisses avec du matériel, qui ne pouvaient pas être installées sur une roulante. Par défaut, dès qu’on change de décor, on doit ré-installer le matériel. J’ai alors pensé à adapter un Van que nous avions à disposition, pour conserver cette configuration technique de décor en décor et être opérationnel en 5 minutes à chaque changement de lieu. Le temps est un facteur très important. Ne serait-ce que pour les back-up, que l’on doit effectuer rapidement afin de restituer les cartes de tournage.

  • Nejib, tu dispenses la partie du stage consacrée au data manager / DIT, où tu fais le lien avec tes retours d’expériences sur le terrain. Quelle est la part évolutive dans le programme du stage ?

    Nejib : Quand je dispense une formation, je fais en sorte d’adapter ce que je dis au groupe de stagiaires, selon les sujets précis qui les intéressent. Bien sûr, il y a une base, mais aussi une partie variable. Souvent, quand je leur fait part d’une expérience, c’est que je réagis à une question qu’ils me posent. Et j’essais toujours de lier ce que je dis à des expériences que j’ai eu sur les tournages.

    Récemment, je leur ai fait part d’un tournage que j’ai eu à l’étranger, avec une équipe de production étrangère. Il fallait comprendre et anticiper des données parfois inconnues. Dans ce cas, il fallait être en mesure de d’adapter sur place, sans avoir de matériel superflu.

    Ainsi, pendant les stages, nous faisons toujours le tour du matériel pour appréhender ces notions-là et être à même de savoir quel équipement choisir, comment optimiser la configuration.

  • Dans le cas précis de cette expérience, quelle solution as-tu partagée avec les stagiaires ?

    En l’occurence, dans le cadre de cette expérience à l’étranger, il s’agissait non seulement d’optimiser la configuration avant mon départ mais aussi d’optimiser mon temps une fois sur le plateau. J’avais des caisses avec du matériel, qui ne pouvaient pas être installées sur une roulante. Par défaut, dès qu’on change de décor, on doit ré-installer le matériel. J’ai alors pensé à adapter un Van que nous avions à disposition, pour conserver cette configuration technique de décor en décor et être opérationnel en 5 minutes à chaque changement de lieu. Le temps est un facteur très important. Ne serait-ce que pour les back-up, que l’on doit effectuer rapidement afin de restituer les cartes de tournage.

  • Tu leur apprends donc à savoir s’adapter et optimiser leur gestion du temps. Cela donne-t-il lieu à des exercices pratiques tirés de tes expériences de plateau ?

    Nejib : Oui, je leur ai par exemple fait une introduction au script en mode terminal. Je leur ai expliqué comment récupérer le nom des fichiers, le numéro des séquences… et assembler ces infos pour créer soit même une arborescence des fichiers de tournage chaque jour et obtenir des fichiers nommés comme on veut automatiquement. J’avais rencontré cette contrainte lors d’un tournage où la production avait opté pour DaVinci. Je ne pouvais pas renommer les images de références, nommées par défaut par le logiciel. Les renommer à la main aurait pris un temps très important chaque jour. J’ai préféré prendre le temps d’écrire un script. Toute l’équipe avait besoin des images chaque jour, et si on les fournit sans nomenclature claire, à quelle séquence, quel plan, quelle prise cela fait référence, cela devient inexploitable. Il s’agit toujours ici de s’adapter à la demande en contournant les contraintes des outils. Optimiser son temps, et celui des autres.